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PME CAMEROUNAISES : POURQUOI L’ACCÈS AU CRÉDIT RESTE LE PRINCIPAL FREIN À LA CROISSANCE DES ENTREPRISES
Par Cheikh Mbacké Sène
Si le Cameroun dispose de l’un des secteurs privés les plus dynamiques d’Afrique centrale, les difficultés d’accès au financement continuent de ralentir le développement des petites et moyennes entreprises. Malgré les progrès réalisés par le système bancaire, une part importante des entrepreneurs demeure confrontée à un véritable « mur du crédit ».
Le premier obstacle réside dans l’insuffisance des garanties exigées par les établissements financiers. La majorité des PME ne disposent ni d’actifs immobiliers suffisants ni de patrimoines facilement mobilisables pour sécuriser leurs emprunts, ce qui conduit au refus ou au sous-financement de nombreux projets.
Le coût du crédit constitue également un frein majeur. Les taux appliqués aux PME restent élevés en raison du niveau de risque perçu par les banques. À cela s’ajoutent les frais de dossier, les garanties complémentaires et les procédures administratives qui alourdissent le coût global du financement.
Les entreprises souffrent également d’une faiblesse de leurs fonds propres. Créées avec un capital limité, elles peinent à renforcer leur structure financière, réduisant ainsi leur capacité à mobiliser des financements bancaires plus importants. La qualité de l’information financière demeure également perfectible, de nombreuses PME ne disposant pas d’états financiers suffisamment structurés ou d’outils de gestion conformes aux exigences des banques.
Face à ces contraintes, plusieurs réformes sont envisagées : développement des fonds de garantie, mécanismes de partage des risques, renforcement du crédit-bail, promotion des fintechs spécialisées et amélioration de l’accompagnement des entrepreneurs. La future banque publique pourrait jouer un rôle structurant en intervenant là où les banques commerciales restent encore prudentes.
Elle pourrait également agir comme catalyseur pour attirer davantage de financements internationaux en faveur du secteur privé, notamment auprès de la Banque africaine de développement, de la Société financière internationale, de la Banque de développement des États de l’Afrique centrale et d’autres partenaires techniques et financiers. En facilitant l’accès aux ressources financières, cette réforme pourrait constituer un levier majeur de l’industrialisation et de la montée en puissance des PME camerounaises.