60 MILLIARDS FCFA POUR LES PME : LE CAMEROUN PARIE SUR UNE NOUVELLE BANQUE PUBLIQUE POUR ACCÉLÉRER SON INDUSTRIALISATION
Le financement des entreprises devient l'un des principaux leviers de la stratégie de transformation économique du Cameroun
Le Cameroun ouvre une nouvelle étape de son développement économique avec l’accélération du projet de création d’une banque publique dédiée au financement des petites et moyennes entreprises (PME). Dotée d’une enveloppe initiale supérieure à 60 milliards de FCFA, cette nouvelle institution financière ambitionne de corriger l’une des principales faiblesses de l’économie camerounaise : l’accès limité des entreprises au crédit bancaire. Derrière cette réforme se dessine une volonté plus large de soutenir l’industrialisation, de favoriser la transformation locale des matières premières et d’accroître la compétitivité du secteur privé.
Les PME constituent aujourd’hui l’épine dorsale de l’économie camerounaise. Elles représentent plus de 99 % du tissu entrepreneurial, assurent près de 70 % des emplois du secteur privé et contribuent à environ 35 % du produit intérieur brut. Malgré ce poids économique, elles continuent de faire face à un déficit chronique de financement, les banques commerciales privilégiant généralement les grandes entreprises disposant de garanties importantes.
Les enquêtes réalisées auprès des entrepreneurs montrent que le manque d’accès au crédit demeure l’un des principaux freins au développement des entreprises. Les exigences en matière de garanties, la lenteur des procédures, le coût élevé des financements et l’absence de produits adaptés limitent fortement leur capacité d’investissement et de croissance.
La future banque publique entend répondre à ces contraintes grâce à des instruments financiers mieux adaptés aux réalités des PME. Les autorités souhaitent développer des crédits d’investissement à moyen et long terme, renforcer les mécanismes de garantie, soutenir les jeunes entrepreneurs et accompagner les projets industriels créateurs d’emplois.
Au-delà des prêts classiques, l’institution pourrait proposer des solutions de financement participatif, des dispositifs de partage des risques avec les banques commerciales, des lignes de refinancement sectorielles ainsi que des programmes spécifiques destinés aux entreprises dirigées par des jeunes ou des femmes.
À travers cette initiative, le gouvernement camerounais espère stimuler la création de nouvelles entreprises, améliorer la productivité des PME et accélérer la transformation structurelle de l’économie conformément aux ambitions de la Vision 2035. Associée aux investissements dans les infrastructures, l’énergie et la logistique, cette nouvelle banque pourrait devenir un pilier du financement productif et soutenir durablement la croissance et l’emploi.
Par Cheikh Mbacké Sène



