LA TRÊVE ENTRE L’IRAN ET ISRAËL APAISE LES MARCHÉS, L’AFRIQUE RETROUVE UN PEU D’OXYGÈNE

Après plusieurs semaines de fortes tensions géopolitiques au Moyen-Orient, la trêve entre l’Iran et Israël a entraîné un net reflux des prix du pétrole et un retour progressif de la confiance sur les marchés internationaux. Les craintes d’une fermeture du détroit d’Ormuz, par lequel transite près de 20 % du pétrole mondial, avaient provoqué une flambée des cours et une forte volatilité des marchés énergétiques.
Le Brent, qui évoluait autour de 72 dollars le baril avant le conflit, avait franchi temporairement le seuil des 97 dollars, porté par les inquiétudes liées à l’approvisionnement mondial. À la suite de l’annonce de la trêve et de la normalisation progressive des exportations du Golfe, les prix sont rapidement revenus autour de 72 à 73 dollars, tandis que le WTI est repassé sous la barre des 70 dollars. Cette détente reflète le recul de la prime de risque géopolitique. Les marchés anticipent désormais une meilleure stabilité des flux pétroliers, soutenue par la reprise des exportations de plusieurs producteurs du Golfe et par les ajustements de production décidés par les pays de l’OPEP+, dont la production mondiale avoisine désormais 103 à 104 millions de barils par jour.
Légère baisse de leurs recettes d’exportation
Pour les économies africaines importatrices d’hydrocarbures, cette évolution constitue une excellente nouvelle. Des pays comme le Sénégal, le Maroc, la Côte d’Ivoire, le Kenya, le Rwanda ou encore le Bénin devraient bénéficier d’une réduction de leur facture énergétique, d’un ralentissement des pressions inflationnistes et d’une amélioration de leurs équilibres budgétaires et extérieurs. Les grands producteurs africains de pétrole, notamment le Nigeria, l’Algérie, l’Angola, la Libye, le Congo et le Gabon, enregistreront en revanche une légère baisse de leurs recettes d’exportation.
Brent stabilisé autour de 70 à 75 dollars : Un salut.
Toutefois, un Brent stabilisé autour de 70 à 75 dollars demeure largement compatible avec les hypothèses budgétaires retenues par la majorité de ces États. Au-delà du secteur énergétique, cette accalmie profite également aux marchés financiers internationaux. Les investisseurs retrouvent progressivement leur appétit pour les actifs des pays émergents, tandis que les coûts du transport maritime, de la logistique et de l’industrie devraient progressivement diminuer, offrant un soutien supplémentaire à la croissance mondiale.
Les analystes demeurent cependant prudents. Les tensions géopolitiques restent présentes au Moyen-Orient et tout nouvel incident militaire susceptible de perturber le détroit d’Ormuz pourrait rapidement raviver la volatilité des prix. Pour l’heure, la trêve offre néanmoins un répit bienvenu aux économies africaines, qui retrouvent un environnement énergétique plus favorable après plusieurs semaines d’incertitude.
Par Guillaume Regis, Analyste




