Le Maroc ouvre une nouvelle séquence politique avec la nomination, ce mardi 29 septembre 2026, de Fatima Ezzahra El Mansouri à la tête du gouvernement. Nommée par le Roi Mohammed VI après la victoire du Parti Authenticité et Modernité (PAM) aux élections législatives du 23 septembre, elle devient la première femme à diriger l’Exécutif marocain.
La nomination de Fatima Ezzahra El Mansouri intervient au terme d’une séquence électorale qui a placé le PAM en tête du scrutin législatif. La formation a obtenu 97 sièges sur les 395 que compte la Chambre des représentants, devant le Rassemblement national des indépendants avec 66 sièges et l’Istiqlal avec 65 sièges. Le Parti de la justice et du développement a, pour sa part, remporté 54 sièges.
Conformément à l’article 47 de la Constitution, le Roi Mohammed VI a reçu Fatima Ezzahra El Mansouri au Palais Royal de Rabat et l’a nommée Cheffe du gouvernement, en la chargeant de former le nouvel Exécutif. Cette désignation intervient quelques jours seulement après les élections et ouvre désormais la phase des consultations destinées à constituer la future majorité gouvernementale.
Un parcours politique construit à Marrakech
Avocate de formation, Fatima Ezzahra El Mansouri s’est progressivement imposée dans la vie politique marocaine. Née le 3 janvier 1976 à Marrakech, elle est titulaire d’une licence en droit privé de l’Université Mohammed V de Rabat et d’un DEA en droit des contrats d’affaires de l’Université de Montpellier. Elle a également suivi une formation en droit anglo-saxon aux États-Unis.
Son parcours politique prend une dimension nationale après son élection à la présidence du conseil communal de Marrakech en 2009. Elle devient alors l’une des premières femmes à accéder à la direction d’une grande collectivité territoriale marocaine. Réélue à la tête de la ville en 2021, elle entre également au gouvernement la même année comme ministre de l’Aménagement du territoire national, de l’Urbanisme, de l’Habitat et de la Politique de la ville.
Depuis 2024, elle exerce également la fonction de coordinatrice de la direction collégiale du PAM. Son accession à la primature constitue ainsi l’aboutissement d’un parcours politique marqué à la fois par la gestion territoriale, l’action gouvernementale et la direction d’un parti arrivé en tête des dernières législatives.
Former une majorité et donner une nouvelle impulsion
La première étape du nouveau gouvernement sera politique et institutionnelle : construire une majorité capable de soutenir l’action de l’Exécutif. Avec 97 députés, le PAM devra engager des discussions avec d’autres formations afin de réunir une majorité à la Chambre des représentants, qui compte 395 sièges.
Cette phase de formation gouvernementale intervient dans un contexte où les attentes économiques et sociales demeurent importantes. L’emploi, le pouvoir d’achat, les salaires, la protection sociale, la santé et l’éducation figurent parmi les principaux sujets qui devront être pris en compte par le nouvel Exécutif.
À ces priorités s’ajoutent les grands chantiers d’investissement du Royaume, notamment les infrastructures, la modernisation des territoires et les projets liés à l’organisation de la Coupe du monde 2030. Le futur gouvernement devra également poursuivre les politiques destinées à renforcer l’investissement, soutenir la compétitivité des entreprises et accélérer la création d’emplois.
La nomination de Fatima Ezzahra El Mansouri marque ainsi un changement historique dans la représentation politique au sommet de l’État. Mais au-delà de sa portée symbolique, son arrivée à la tête du gouvernement ouvre surtout une nouvelle phase institutionnelle dont les prochains mois permettront de mesurer les orientations, les priorités économiques et la composition de la nouvelle majorité.
Avec cette nomination, le Maroc confie pour la première fois les rênes de son gouvernement à une femme. La formation de l’équipe gouvernementale et les premières décisions de la nouvelle cheffe du gouvernement constitueront désormais les principaux indicateurs de cette nouvelle étape de la vie politique et économique du Royaume.




